Lire un article Par Mademoiselle Quand j'entends notre président clamer haut et fort que la burqa est un signe de soumission de Lafâme, j'applaudis des deux mains. Pourquoi ? Parce que d'une, je fais toujours confiance à un libérateur blanc de droite venu de Neuilly, et de deux, je pense qu'il est sain de prendre position entre l'axe du mal et celui du bien, ça aide à penser et à produire un discours libéré de tous fantasmes. Je crois donc que les histoires de burqa et de foulard aident à parler de Lafâme. Si si, voyons le cas de Marc et Muriel.
C'est l'apéro. Marc et Muriel ont invité le beau-frère Bruno et la soeur Isabelle à manger des grillades. Debout avec Bruno devant le barbecue, Marc discute finance (il essaie d'impressionner Bruno qu'a pas le bac, en recrachant des trucs sur des produits financiers compliqués. Il revient en effet d'un rendez-vous avec son banquier. Il est à la Société Géniale.) Pendant ce temps, Muriel et Isabelle discutent des enfants, qui coûtent cher mine de rien, surtout au niveau des soins dentaires. Virgulsisse a en effet les dents toutes tordues, elle tient de son père. Comme Virgulsisse ne pourra pas, comme papa, se faire pousser une moustache pour tout planquer, il faut bien tenter de redresser son ratelier. Tout en discutant, Muriel et Isabelle préparent les salades, parce qu'il faut manger cinq fruits et légumes par jour, lorsque Marc et Bruno les appellent pour leur demander ce qu'elles veulent boire à l'apéro. Muriel et Isabelle se sont pomponnées pour l'occasion. Muriel porte une jupe et de très jolies sandales dorées. Isabelle quant à elle a misé sur le décolleté et les tons vifs. Ils s'installent tous devant un verre. C'est Marc qui fait le service. Il prend les choses en main quand on mange dehors. Il s'occupe des viandes et de l'alcool, parce que Muriel, deux verres et elle est pompette. En plus, elle ne sait pas bien s'occuper du feu. La conversation s'engage très rapidement sur la burqa. Marc et Bruno sont consternés qu'on puisse faire porter ça à une femme, alors que c'est si beau une femme. D'ailleurs, au printemps, quand les jupes refleurissent, ils sont tellement contents. Marc, qui a déjà bu quelques bières en faisant le barbecue (ça désydhrate la braise) est particulièrement loquace. Muriel a un avis particulier sur la question : elle pense que chacun doit pouvoir s'habiller comme bon lui semble. Muriel est une progressiste, elle a voté vert dernièrement. Marc s'énerve. Mais voyons Muriel, éructe-t-il, t'aimerais être à leur place toi ? Visiblement déstabilisée, Muriel dit que non, évidemment. Marc enchaîne en lui demandant si c'est pas mieux d'être une femme libre, qui fait ce qu'elle veut de son temps. Muriel ne dit rien, après tout, c'est vrai qu'elle va à la salle de gym une fois par semaine avec les copines. C'est vrai aussi qu'à Kaïbi, la mode à mini prix, elle achète bien ce qu'elle veut. Pensive et déjà un peu pompette, Muriel écoute Marc qui parle de l'évolution de la société, de ces gens qui ne veulent pas s'adapter, de cette égalité entre hommes et femmes qui est vachement bien, même si les femmes ne doivent pas se mettre à ressembler aux hommes, hein. Muriel demande un autre kir à Marc, qui lui sert amoureusement en lui disant que lui, il est fier du corps de sa petite femme quand il se balade. Hein ! Bruno approuve et ajoute que quand même, ces mecs là, ils ont pas vraiment évolué, et que Sarkozy, hein, ben il ne dit pas que des conneries. Isabelle opine du bonnet, elle dit qu'elle est bien contente quand même de vivre dans une société égalitaire, même s'il reste de progrès à faire. Marc, qui est allé surveiller les brochettes, se retourne mollement (les bières) et regarde Isabelle en faisant une moue dubitative. Mais quels progrès ? demande-t-il. Isabelle reste coite, mais Muriel vient à sa rescousse en évoquant les salaires. Les deux mecs se regardent goguenards, prêt à faire une petite blague sur l'efficacité des mâles, lorsque Muriel, bourrée mais encore vive, ajoute : la répartition des tâches. C'est la que Marc explose. Mais enfin Muriel, dit-il d'un ton grave, les choses ont évolué quand même ! Les hommes en font de plus en plus à la maison, et même pour les gosses ! Muriel lui dit qu'elle n'a pas l'impression que ça ait tellement changé, quand Marc la coupe d'un ton professoral : Mais Muriel, il ne s'agit pas d'impressions, il s'agit de chiffres ! De chiffres Muriel ! (alors qu'il termine sa phrase, de petits postillons s'accumulent dans sa moustache). Muriel, qui a toujours été plus littéraire que matheuse se sent écrasée par le mot chiffre et hausse les épaules. Bruno ajoute que oui, hein, ça a évolué quand même. Isabelle, qui n'est pas une femme dérangeante, acquiesce et ajoute que son Bruno, ben il va faire les courses quand même, il l'aide. Pendant que Marc et Bruno s'auto congratulent d'être des mecs biens, pas comme les autres barbares, Muriel fixe les pistaches en imaginant des chiffres virevolter autour d'elle. Aidons-la à y voir plus clair. Il paraît évident que Lafâme se libère, et cela, grâce à un féminisme d'État lançant offensives sur offensives pour la libération de Lafâme.
clique sur le dessin dessous Lafâme, tu vas voir des belles couleurs
Ces évolutions flagrantes vous sautent aux yeux ? Chaussez vos très nationales Ray Ban, le temps domestique a lui aussi connu de grandes transformations...
Tu peux encore cliquer Lafâme si tu veux y voir quelque chose
C'est bien, tu cliques sans qu'on te le dise à présent, Lafâme
Ces avantages honteux continuent bien évidemment à la retraite ! Et oui ! Nos amis les "seniors" aussi sont touchés par le vent de réformes progressistes ! Lafâme se prend moins la tête que Lhôme à compter ses sous.
Un dernier effort Lafâme, plus qu'un clic sur le tableau. Toutes carrières et tous âges confondus, Lhôme retraité touche donc deux fois plus que Lafâme retraitée, au regard de l'avantage principal de droit direct (rôa)... Avec les pensions de réversion et quelques cacahuètes en plus, l'écart se réduit un peu, veinardes !
Source: Les entrailles de Mademoiselle via Les mots ont un sens
Réactions 1 éléments trouvés Page 1![]() Tout cela est certainement et malheureusement toujours vrai, bien que chez moi ce soit différent. Il ne faudra pas envier ma femme pour autant.... 1 éléments trouvés Retour haut de page Page 1![]() |