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UNE FOIS PAR MOIS, LE CONSEIL DES GOUVERNEURS SE REUNIT pour commenter l'actualité en termes sibyllins et annoncer « la » décision capitale : quel sera le taux directeur ? Or, comme nous l'avons déjà souligné, ce taux de refinancement à trois mois des grandes banques a augmenté régulièrement depuis la nomination de J.C TRICHET au poste de gouverneur de la BCE puisqu'il est passé de 2% (le 6/6/2003) à 4% (le 13/06/2007) et à 4,25% le 2/07/2008. La presse financière laisse même planer le doute sur de futures augmentations pour le second semestre 2008, et même en 2009, « pour combattre l'inflation, principale source d'inquiétude de la BCE ». Pendant ce temps, les Etats-Unis ont réduit, et le Japon a maintenu à un niveau très faible, leur taux de refinancement des grandes banques à court terme (trois mois). Cette politique a permis de contenir les taux à dix ans, principale source de financement des Administrations Centrales, alors que leur situation respective d'endettement est bien plus inquiétante que celle de la Zone Euro : ±55% du PIB pour la Zone Euro (amélioration constante) ; ±50% pour les Etats-Unis (dérapage depuis fin 2007) ; ±160% pour le Japon (contre 120% en fin 2000, mais amélioration en 2007). Pour souligner l'absurdité de cette situation, le gouvernement japonais peut se financer (à dix ans) au taux de ±1,6%, tandis que les gouvernements « eurolandais » et américains doivent se financer à plus de 4,5%. Or, rien ne justifie que les gouvernements européens doivent se financer auprès des banques commerciales à des taux si élevés. CETTE FIXATION ARBITRAIRE DES TAUX CONDUIT A UNE VERITABLE ASPHYXIE DES PAYS EUROPEENS LES PLUS ENDETTES. En effet, un taux directeur de 4,25% conduit à faire un cadeau annuel à la Haute Finance et aux rentiers de 3,3% de notre PIB (et même de 4,0% si l'on tient compte de l'endettement de toutes les administrations) : ± mille euros par an et par citoyen, dans les pays les plus endettés, qu'il soit nouveau-né ou mourant. Il est donc facile de comprendre que « la lutte contre une reprise (réelle) de l'inflation en Zone Euro » représente l'argument favori de la Haute Finance pour imposer une prédation de cette ampleur. En clair, cette « politique monétaire », c'est toujours plus de produits financiers pour ces grands prédateurs, et toujours plus de sacrifices pour les peuples européens (ne résidant pas dans les paradis fiscaux). AUTREMENT DIT, C'EST LA « CROISSANCE ZERO GARANTIE »... POUR LES PEUPLES... B. Le Taux Directeur de la BCE : un taux qui ne dirige rien du tout ! PREMIER ETAGE DE LA PREDATION : LE TAUX DIRECTEUR. Si la BCE fixe le taux de refinancement des grandes banques à trois mois, c'est bien sûr pour prêter plus de sept mille milliards d'euros aux administrations européennes à des taux encore plus élevés, soit à ±5%, toutes administrations confondues. Pour les grands bonimenteurs d'un « marché où la concurrence est libre et non faussée », la prédation n'est jamais satisfaisante : les entreprises et les particuliers sont les victimes de choix de la Haute Finance.
Pour simplifier les analyses dans le contexte d'une Zone Euro où il existe une bonne centaine de taux de référence, nous retiendrons deux taux qui « encadrent » généralement les pratiques bancaires : le Taux de Base Bancaire et les Taux d'Usure, ou taux usuraires. Par contre, si l'exemple suivant concerne la France, il faut très vite relever que la plupart des pays européens ne fixent aucune limite à l'usure... => En France, les banques commerciales peuvent fixer librement leur Taux de Base Bancaire (TBB). Et donc, malgré une baisse, puis une hausse du Taux Directeur de la BCE, le TBB moyen pratiqué par les banques françaises est resté « cloué » à 6,60% depuis décembre 2002 (venant de 7,10% avant 2002). Les ententes (illicites) sont donc évidentes au sein de cet oligopole parfaitement hermétique, regroupé au sein de l'Association Française des Banques (AFB). Or, ces TBB sont eux-mêmes à la base d'une multitude de taux de référence dans chaque banque : pour tous les prêts, les taux pratiqués varient en fonction des emprunteurs, des durées, des montants et des garanties offertes. => Les banques françaises sont mêmes libres de fixer les sommets qu'elles peuvent frôler, mais ne pas dépasser, puisque c'est la Banque de France, leur banque, qui détermine la liste des taux usuraires. Au sommet de cette pyramide se trouve le taux usuraire le plus élevé, celui des prêts à la consommation accordés aux petites gens (prêts inférieurs à 1.524€) ; depuis janvier 2008, il est à 20,60% hors frais de dossiers de toutes sortes. Pour les entreprises, c'est le découvert autorisé qui est le taux le plus élevé : il est « limité » à 14,29% mais les banques peuvent quand même facturer un supplément d'agios avec la règle du « plus gros découvert utilisé ». Un seul jour de découvert utilisé (autorisé par contrat), et les entreprises paient généralement un mois de frais financiers... C'est légal puisque c'est « leur » loi. TROISIEME ETAGE DE LA FUSEE « INSTITUTIONNELLE » QUI FAIT GRIMPER LES TAUX D'INTERET. La BCE donne des statistiques sur les Taux Moyens Mensuels (TMM) pratiqués par les banques pour chaque catégorie de crédit, de découvert et de prêt. Et là, c'est le bonheur complet : les taux pratiqués par les banques sont toujours très inférieurs aux taux usuraires (s'ils existent). Que se passe-t-il donc ? En fait, les taux usuraires servent de référence aux Sociétés de Crédit qui sont (généralement) les filiales de ces mêmes banques. Et celles-ci sont spécialisées (dans le racket) pour toutes sortes de financement (crédits, prêts, LOA, crédit-bail), pour toutes sortes de clients (administrations, entreprises, particuliers), pour toutes sortes de biens (consommation, équipement, immobilier) et pour toutes sortes de services (affacturage, crédits grand public, crédits automatiques par découverts). Bien sûr, elles interviennent pour toutes les durées possibles, y compris pour les crédits permanents (revolving) par cartes bancaires et pour les crédits à vie (trente ans, et même cinquante ans, pour les crédits immobiliers). Dans ce contexte de « légalisation » du racket en faveur des Sociétés de Crédit, il est facile pour un banquier de refouler les demandes d'intervention de ses clients (déposants) vers les « sociétés spécialisées » tout en donnant l'image du banquier vertueux, « populaire », « mutuel », « coopératif » et même « agricole » (des gens de la campagne). Les spots télévisés sont d'ailleurs très révélateurs de l'image sympathique que veulent donner les banquiers... pour nous emprunter de l'argent ou pour nous vendre des placements et des assurances... Mais surtout pas pour nous prêter de l'argent, car c'est bien plus rentable pour la Haute Finance de refouler nos demandes vers les Sociétés de Crédit. Nous venons de parler essentiellement de la France, mais c'est bien pire dans d'autres pays : Espagne, Italie, Portugal, Grèce, Allemagne, Belgique... Dans la plupart de ces pays, il n'y a même plus de fixation de « taux usuraires »... Or, c'est bien le Pouvoir Politique, et donc le Parlement Européen au sein de toute l'Union Européenne, qui devrait « encadrer » et « harmoniser » les pratiques de la Haute Finance, notamment en plafonnant (à des niveaux très bas) les taux d'usure. Dans la réalité, les Banques Centrales, chacune dans son pré carré, ont le droit de publier, ou de ne pas publier, ce type de taux à ne pas dépasser... Et quand elles publient ces taux, c'est tout simplement pour institutionnaliser un système de racket particulièrement bien organisé... C. Peut-on chiffrer le racket financier ?
Sur « un marché où la concurrence (doit être) libre et non faussée », nous venons de découvrir l'institution la plus anti-démocratique (la BCE) que l'Histoire Européenne ait jamais engendré : elle est gérée uniquement par des Hauts Fonctionnaires, « jamais élus, jamais responsables, jamais coupables », adoubés par la Haute Finance (il faut avoir un passé de banquier). Personne n'a le droit d'ingérence dans leurs décisions et dans le contrôle de leurs activités ; et pourtant, quand ils octroient des crédits et des prêts aux banques commerciales, c'est l'argent des peuples qu'ils gèrent, et ce sont les peuples qu'ils endettent. De plus, toutes les pratiques bancaires et financières sont gérées par un système d'ententes illicites qui ont pour but d'encourager les « enrichissements sans cause », condamnés par ARISTOTE, par toutes les religions chrétiennes et par l'Islam pendant plus de cinq siècles. La liberté ? C'est celle d'un racket bien organisé ! Merci de réagir, et surtout de faire réagir le plus grand nombre d'entre nous, ALTER-EUROPA Pour une Autre Europe... Et (bien sûr) pour un Autre Euro... Source: Bellaciao Réactions 1 éléments trouvés Page 1![]() samtelam (vigie gazier) le 05/10/2008 09H52 limpide!! je vais grincher de ce pas.... Ni exploiteurs, ni exploités, consom'acteurs et associés!! 1 éléments trouvés Retour haut de page Page 1![]() |