L’ambassadeur russe auprès de l’OTAN Dmitri Rogozine a demandé, dans
une lettre adressée au commandant suprême des forces de l’OTAN en
Europe, l’amiral américain James Stavridis,
que les troupes de l’Alliance en Afghanistan interviennent de manière
plus sévère contre les barons de la drogue. Sinon, Moscou pourrait
remettre en cause son soutien (passage des fournitures)
La Russie critique l’intervention de l’OTAN en Afghanistan et demande
une intensification de la lutte contre la culture et le trafic de
drogue. «La Russie ne partage aucunement l’idée de l’Alliance selon
laquelle les risques provenant de la drogue ne constituent qu’un
problème secondaire. […] La situation évolue selon le pire des
scénarios possibles. […] On ne saurait assurer la stabilité et la
sécurité sans considérer les risques dus à la drogue comme un des
facteurs de déstabilisation les plus importants.» […]
Dans sa lutte, l’Occident ne doit pas considérer uniquement son propre
intérêt mais également celui des Etats comme la Russie: «L’héroïne
afghane tue chaque année 30 000 citoyens de mon pays.»
***
Il y a 6 ans déjà, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, au
début février 2004, le ministre russe des Affaires étrangères de
l’époque Igor Ivanov avait signalé le problème que représentait
pour son pays la culture du pavot en Afghanistan. A l’époque déjà, il
déplorait le fait que ce pays soit redevenu une source principale du
trafic de drogue: «Il est manifeste qu’en tolérant le trafic de drogue
en Afghanistan, on cherche à gagner la loyauté des seigneurs de la
guerre et de certains dirigeants du pays. Néanmoins la drogue en
provenance d’Afghanistan représente une menace sérieuse pour la
sécurité nationale d’une série d’Etats de la CEI en Asie centrale et
de la Russie. C’est le résultat de l’absence d’efforts véritables pour
stabiliser l’Afghanistan. […] Le fait que des groupes terroristes
internationaux s’allient aux barons de la drogue et au crime organisé
représente un très grand danger.»
L’OTAN a-t-elle pris cet avertissement au sérieux? Selon des analyses
approfondies, il apparaît que les Etats membres de l’OTAN n’ont
pratiquement rien fait contre la culture du pavot au cours des 6
dernières années.
Des spécialistes comme le professeur
Albert A. Stahel de l’Institut d’études stratégiques de l’Université
de Zurich ont montré que les troupes d’occupation participaient
activement au trafic. Dans le passé, on a déjà utilisé la drogue comme
instrument géopolitique. On peut inonder des pays avec la drogue et
les déstabiliser. 30 000 victimes de l’héroïne, cela fait réfléchir.
Source :
Selon Spiegel Online du 22 janvier